mardi 15 mai 2012

Le réveil


Pastel d'après une peinture de Josée Gauthier 

Le réveil

Laissons l’âtre mourir; courons à l’aventure
Le brouillard qui s’élève est largement troué
La fontaine reprend son murmure enjoué
La clématite grimpe à chaque devanture

Le ciel fait ondoyer les plis de sa tenture
Une tiède vapeur monte du sol houé
L’air doux est plein de bruit; les bois ont renoué
Dans les effluves chauds, leur discrète ceinture

L’aile gaiement s’envole à l’arbre ou pend le nid
L’enfant rit, le vieillard n’a plus de tons acerbes
Les insectes émus s’appellent sous les herbes

Ô le joyeux réveil! Tout chante, aime et bénit!
Un élan pousse à Dieu la nature féconde
Et le rire du ciel s’égrène sur le monde

Léon-Pamphile Lemay

mardi 8 mai 2012

L'été




L’été

La mousse
Épaisse
Et douce,
Au pied d’un arbre énorme…

Était-ce
Un chêne ? Était-ce un orme ?
Je l’ignore – et tant pis !

La mousse
Épaisse
Et douce
À mes reins offrait un tapis.

Et, pendant une heure et demie,
Parmi
Tant de petits amis,
Papillons, mouches et fourmis,
Sous ma tête ayant mis
Mon bras un peu plié,
Au pied de l’arbre, j’ai dormi.

(C’était peut-être un peuplier.)

Aucune feuille ne bougeait,
Parmi celles qui m’ombrageaient.
Au-dessus de moi ramageaient
De petits geais.
Était-ce un nid qu’ils ravageaient
Et partageaient ?
Sans doute, car sur moi neigeaient
Des plumes que l’on dérangeait…

Et je songeais…
Et je m’interrogeais :
Il est facile, en vérité,
D’évoquer le printemps, l’hiver
Et puis l’automne en quelques vers…
Mais, comment évoquer l’été ?

Pour l’hiver n’ai-je
Point la neige ?
Surface ou bien linceul poli
Thème inépuisable et joli – ?

Pour le printemps, c’est autre chose :
J’ai l’Amour, le lilas, le renouveau, la rose…

Et, pour l’automne, j’ai la mort,
Et la tristesse et le remords…
Et j’ai la tombe…
Et j’ai la feuille aussi qui tombe…
Oui, mais – l’été ?

Oui, comment évoquer l’été ?

Vite, il faut mettre de côté
La chaleur et le ciel d’argent,
Et l’immobilité
Des choses et des gens.
Cela n’évoque pas l’été.

Mais alors, qu’est-ce ? En vérité,
C’est moins que peu de chose et ce n’est presque rien,
C’est minuscule, aérien,
C’est, dans l’espace,
Le petit sifflement d’un moustique qui passe !

Sacha Guitry

mardi 1 mai 2012

Emmurée



(Ce texte était ma participation à Miletune)

Emmurée

Elle oublie, depuis quelque temps, elle oublie
Elle tourne en rond dans la maison
À la recherche de ses oublis
Son entourage se pose des questions

Elle range les choses à la mauvaise place
Oublie le repas sur le feu
Ses erreurs la glacent
Souvent elle pleure, son mari est malheureux

Comme elle appréhende sa dérive
De plus en plus elle se terre
Et cache dans une dernière tentative
Ce mur qui se referme sur elle

Et toujours, le mal progresse
Ses paroles ne répondent plus aux questions
Un moment de lucidité et c’est la détresse
Pour son esprit, la dissolution

Elle ne verra pas grandir ses petits-enfants
Ne pourra plus apprécier les beautés de la vie
Emmurée dans son corps vieillissant
Quelle terrible maladie que de perdre l’esprit


mardi 24 avril 2012

Beau printemps quand reviendras-tu


Acrylique d'après une photo de  Martine

Beau printemps quand reviendras-tu?

Ma rue avait fait sa toilette
Toute la neige avait disparu
Les oiseaux dans la cour faisaient la causette
Les bourgeons étaient réapparus

Mais voilà que le froid revient de plus belle
Le vent nous transporte à son gré
Le matin sur les toits la neige étincelle
Beau printemps, où t’en es-tu allé?

Quand l’hiver est trop doux
Le printemps est marabout

mardi 17 avril 2012

Fleurs des champs

Ma participation à l'invitation de Miletune

Fleurs des champs  

Ils sont sortis très tôt
Dans l’œil, un air coquin
Armés de petits ciseaux
Pour commettre leur larcin

Sur la table au repas du matin
Un bouquet de fleurs des champs
Liées d’un ruban de satin
Cadeau des enfants

Fleurs à la vie éphémère
Au parfum souvent douteux
Vous m’êtes plus chères
Qu’un bijou précieux

mardi 10 avril 2012

Vieux jouet

Pastel pour ma participation au jeu "Café Thé" de Écureuil bleu

Vieux jouet

Je suis né en 1980. Avec quelques-uns de mes frères, je me suis retrouvé dans un grand magasin de jouets. Un jour, un petit garçon est venu s’asseoir sur moi et son papa décida de m’amener avec eux.

J’ai fait la joie du petit garçon et de sa sœur quelques bonnes années. Puis on me rangea durant très longtemps, pensant que je serais utile un jour.

Vingt ans plus tard, par un beau dimanche d’été, on me présenta à un nouveau petit garçon. J’eus encore quelques bonnes années, on m’amena même à la mer.

Alors, ce furent les courses sans fin sur le sable lequel s’infiltra dans les engrenages et me fit perdre mes roues.

Comme je chambranlais de partout, on me laissa ici. Maintenant, j’attends les grandes marées pour un dernier grand voyage.

mardi 3 avril 2012

Vacances au Mexique



Un iguane prenant la pose pour nous


Chemin qui mène à la plage


De la verdure bien différente de chez moi


La plage au lever du jour


Les chaises en attente de leurs occupants


Un crabe venu nous visiter


Un peu d'ambiance mexicaine


Notre guide Maya explique un jeu de ballon
où le capitaine de l'équipe gagnante se faisait égorger
pour que la Terre nourrisse les générations futures.


La pyramide de Coba à plus de 40 degrés Celsius


Jeunes enfants dans le village maya