dimanche 17 octobre 2010

Mon havre

Pastel d'après une photo originale de Marguerite-Marie

(Ma participation au défi de Colette)

Mon havre

Il est un endroit
Digne d’un roi
Où j’ai plaisir à me retrouver
En toute tranquillité
C’est un petit coin de Paradis
Où j’aime être à l’abri
Sous le vieux saule au bout du jardin
Un banc de bois, mon vieux copain
C’est assise là que je compose
Mes textes en rimes ou en prose
Tout à côté, un beau pommier
Et plusieurs plans de framboisiers
Pour orner tout ça, quelques fleurs
Violettes, hortensias et pois de senteur
Trois pruniers complètent le tout
C’est pas le Pérou, mais c’est chez nous
C’était chez nous il y a longtemps
Quand je vivais chez mes parents
Il est gravé dans ma mémoire
Et j’y retourne certains soirs

dimanche 10 octobre 2010

Le mors aux dents

Photo d'une rue de Saint-Ubalde, un village du Québec


Je relève le défi de Violette d'utiliser dans l'ordre les métaphores suivantes :
Croquer la vie à belles dents
Avoir les dents longues
Grincer des dents
Mentir comme un arracheur de dents
Se casser les dents
Serrer les dents
Se rouiller les dents
Être sur les dents
Avoir une dent contre quelqu'un
Lorsque les poules auront des dents
Ne pas desserer les dents
Remâcher entre ses dents
Claquer des dents


Le mors aux dents

Comme passe vite le temps
Je croque la vie à belles dents
Ne pensez pas une seconde
Que j’ai les dents longues
Il y a des choses évidemment
Qui me font grincer des dents
Exemple celui qui ment
Comme un arracheur de dents

Je commence un cours de danse africaine
Parce que les rythmes m’entraînent
J’espère évidemment
Ne pas me casser les dents
Comme disait ma maman
Fonce et serre les dents
Après un effort déployé
On dit avoir les os rouillés
Mais que signifie maintenant
L’expression se rouiller les dents

Une amie m’a dit récemment
Avoir une dent contre quelqu’un
Je lui ai dit bien gentiment
Que lui et moi ne formions qu’un
Elle pardonnera qu’elle prétend
Quand les poules auront des dents
Et tout ça évidemment
Sans jamais desserrer les dents
C’est un très mauvais jugement
Que de remâcher entre ses dents

Mon histoire est cousue de fil blanc
Et pour faire bonne mesure
J’ai pris ma température
Voilà que je claque des dents

Vous ne serez pas surpris si je vous dis
Que dans ma pharmacie
En fait de médicaments
Je suis armée jusqu’aux dents

lundi 4 octobre 2010

Octobre

Acrylique sur toile

Octobre

Me suis levée de bon matin
Comme je le fais au quotidien
Pour faire ma marche, quand soudain
Le froid me saisit, tiens, tiens…

C’est octobre que l’on accueille
De l’été faisons le deuil
Et surtout ayons bon œil
Pour admirer la couleur des feuilles

Hier, suis allée aux pommes
Avec mon amie Simone
Ai rencontré un beau jeune homme
Ouille ! mon cœur qui cogne

Aussi acheté une citrouille
Pour l’Halloween, faire une belle bouille
Suis pas revenue bredouille
À mon mari ai chanté pouilles

Y a de la gelée sur les toits
C’est un signe qu’il fait froid
J’ai les yeux qui me larmoient
J’ai froid, vieille coquille de noix

En marchant le long du chemin
Mes pensées s’envolent au loin
Revenons dans le quotidien
Ce grand air m’a donné faim

dimanche 26 septembre 2010

Les vieux gamins

Pastel d'après une photo de Canelle56

Le titre et le texte de ce billet sont écrits à partir de titres de chansons de Serge Reggiani.

Les vieux gamins

Ce soir mon amour, la pause tendresse. Le vieux couple, la cinquantaine, l’Italien, la femme de Bordeaux. Un taxi passe…

Dis-moi un peu où tu m’emmènes ? C’est là, rue du rêve, hôtel des Voyageurs. Va t’en savoir pourquoi. Gabrielle, et puis, dans ses yeux, la honte de pleurer. Il ne faut pas.

Cet amour, le premier amour, contre vents et marées.

Il suffirait de presque rien : la table, le bouquet de fleurs, les fruits de mer, la tarte à la crème, le tango de la mélancolie, les bienfaits de la lune.

C’est après que ça se passe, le grand cirque. Et la fête continue, on s’aime. La vie est vraiment très bien faite.

Comme elle est longue à mourir ma jeunesse !

dimanche 19 septembre 2010

Tu t'en vas


Tu t’en vas

Après trois ans de bonne collaboration.
Au début de cette belle saison automnale.
Alors que s’apprêtent à sortir tous ces tons chaleureux.
Maintenant que le jardin demande à être préparé pour l’hiver.
Qu’on doit ranger tout ce qui a embelli notre été.
Au moment où il y aurait tant de choses à dire.
Tu me laisses seule avec mes dessins et tu t’en vas, inspiration.

dimanche 12 septembre 2010

Départs


Départs

Tout au long de la vie, nous subissons des départs. Et il vient un temps où nous nous croyons immunisés. Et pourtant…

Cette semaine, c’était la rentrée à la maternelle de mon petit-fils que je garde régulièrement depuis sa naissance. Quand sa petite sœur est arrivée seule ce matin-là, j’ai eu une drôle de sensation, comme une nostalgie de ses turbulences.

Il pleure dans mon cœur
Comme il pleut sur la ville,
Quelle est cette langueur
Qui pénètre mon cœur ?

Ô bruit doux de la pluie
Par terre et sur les toits !
Pour un cœur qui s’ennuie,
Ô le chant de la pluie !

Il pleure sans raison
Dans ce cœur qui s’écoeure.
Quoi ! Nulle trahison ?
Ce deuil est sans raison.

C’est bien la pire peine
De ne savoir pourquoi,
Sans amour et sans haine,
Mon cœur a tant de peine !
(Paul Verlaine)

dimanche 5 septembre 2010

Septembre


Septembre

À l’ombre du tilleul
Dans la balancelle avec Arnaud
J’essaie de noircir la feuille
Qui accompagnera mon tableau

La chaleur écrasante du début de septembre
Le babillage ininterrompu de l’enfant
L’inspiration fait antichambre
Me voilà bêtement Gros-Jean comme devant

Automne

Brume : le monde y repose encore
Bois et prairies rêvent encore
Bientôt, quand tomberont les voiles
Tu retrouveras le ciel bleu ;
Le monde atténué, qu’exaltera l’automne
Ruissellera d’or chaleureux
(A. Morike, Matin de septembre)