
La fin du voyage
J’ai déjà parlé dans un précédent billet de mon bénévolat auprès de personnes atteintes d’Alzheimer ou en perte d’autonomie. Ces gens-là ont été jeunes, ont eu des rêves, des ambitions, ont connu l’amour, la vie de famille. Ils se retrouvent à un âge pas si avancé, perdus comme des enfants sans défense.
En octobre, nous avons fêté l’Halloween. Nous nous sommes déguisés et avons maquillé les résidents, leur mettant des chapeaux ou des plumes d’Indiens. Un musicien agrémentait la fête et nous les faisions danser. À ceux qui ne pouvaient se lever, nous accordions un peu d’attention.
Les familles étaient invitées, mais une seule personne est venue. Elle pleurait. Il est pathétique de voir ces adultes démunis. Les malades, eux, ont bien apprécié la fête.
Pour Noël, il y aura encore une fête avec Père Noël, cadeaux, chants, musique et danse. Un souper suivra pour les résidents et les membres de leur famille.
Plusieurs seront seuls encore. Pourtant, une présence, la chaleur d’une main, un sourire, suffit à les rendre heureux.
Le bonheur est un parfum que l’on ne peut répandre sur autrui, sans faire rejaillir quelques gouttes sur soi-même.
(R. W. Emerson)