dimanche 9 septembre 2007

Nostalgie

(d'après l'oeuvre originale de Lynda Dean)


Nostalgie

Ceux qui peuvent traverser la vie sans « en rabattre » sont bien forts eux-mêmes ou bien aveugles… ou vraiment n’ont pas souhaité bien haut.
-André Gide

Il était rêveur, avec un caractère obstiné
Les choses les plus farfelues pour lui semblaient possibles
Il en parlait à son entourage, sûr d’être invincible
Mais eux riaient, pas toujours gentiment de ses idées erronées

De toujours être ridiculisé, en marge de la société
Produit un mal d’être, une insécurité dans la vie
C’est alors qu’il rencontra une amie apaisante pour sa survie
Elle savait le réconforter dans ses moments d’anxiété

Il fonda un foyer
Et eut deux fils qui firent son orgueil
Mais l’amie toujours active le fit s’échouer sur un écueil
Et ceux qu’il aimait le plus devinrent ses obligés

La perte d’emploi et les longues heures de solitude
Le firent encore plus dépendant de son amie
Son idylle éthylique l’a rendu vulnérable et soumis
Elle mina sa santé et le désintéressa de ses aptitudes

Après un traumatisme crânien, il y a plusieurs mois
L’être intelligent, habile et un brin artiste qu’il était
Est devenu inapte et dépendant de fait
Mais assez lucide pour créer chez lui de l’émoi.

Cette déchéance de mon frère me rend nostalgique et me glace le cœur, comme un paysage d’hiver où la nature endormie attend les chauds rayons du soleil pour s’éveiller à nouveau. Mais lui, plus rien ne le réchauffera.

2 commentaires:

moi a dit…

Ne vous en voulez pas madame, il a eue sa chance comme tout le monde, il l' a mopé, et c' est ainsi.Chacun son destin.Dans votre coeur il avait sa place, dans le sien, qu' errance et rêverie."

Anonyme a dit…

Vos mémoires, Solange, me touchent profondément. Notamment celle-là.

J’ai eu moi-même un grand ami nommé aussi Marcel. Mon seul ami, en une certaine époque de mon adolescence. Quand j’étais jeune, avec lui et inspiré de son « Nul part n’est inaccessible… », j’ai eu le cran de me rendre jusqu’à quelque-part dans le Bas du Fleuve… sur le pouce.

Du fond du cœur, Solange, je souhaite vous témoigner ma fraternité, au sujet de votre douloureuse constatation, par ceci de Boris Vian : « Le pire, ce n’est pas ce qui manque. Le pire, c’est ce que la vie nous a donné, puis repris. »

Merci beaucoup, Solange, de nous partager vos souvenirs précis, vos réflexions judicieuses, votre affectivité et votre cœur de grand-maman.

Ti-Jean